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Centre virtuel de ressources

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10 films qui font réfléchir sur l'univers du travail

10 films qui font réfléchir sur l'univers du travail

La crise en général et le monde de l'entreprise en particulier inspirent de plus en plus les scénaristes et réalisateurs. Zoom sur 10 films qui exercent la focale sur la question du travail.


Depuis une décennie, documentaristes et cinéastes de fiction plantent leurs caméras au cœur de l'entreprise. Avec un objectif critique: donner à voir les effets ravageurs des nouvelles organisations sur les conditions de vie et de travail des salariés.

Une telle résurgence sur les écrans tient à une prise de conscience : l'émergence du stress et d'une forme de pénibilité mentale au travail, la poursuite de la sacro-sainte rentabilité aux dépens de l’épanouissement humain, social et intellectuel "assassinent" le travail, sa substance.

Qu'ils dénoncent ou donnent simplement à voir, les films de la dernière décennie devraient converger pour favoriser le débat. L'entreprise - et ses dirigeants, dont le discours suinte l'autosatisfaction - est en pleine atonie critique. C'est cette brèche que peuvent ouvrir les films de fiction et les documentaires : la capacité à penser contre soi-même...

1. L'emploi du temps - Laurent Cantet, 2001

Licencié de son poste de consultant en entreprise, un homme décide de dissimuler la vérité à ses proches, et s'invente un emploi dans un organisme international. Il se prend si bien au jeu qu'il est bientôt happé par son mensonge.

Laurent Cantet s'inspire librement de l'affaire Romand pour livrer un film à la résonance profonde : derrière la détresse de ce cadre point la triste banalité de notre servitude aux apparences et autres codes de société, effets ravageurs à la clé. Magistral.

2. J’aime travailler - Francesca Comencini, 2004

Nicoletta Braschi (l’épouse de Roberto Benigni) interprète le rôle d’une employée aimant son travail, appréciée de ses collègues et des fournisseurs, mais dont la vie bascule le jour où son entreprise est rachetée par une multinationale.

Traité sur le mode de la réalité-fiction, ce film est une dénonciation aussi édifiante qu'amère de l'harcèlement au travail. Si la structure binaire un brin simpliste (acte I, la descente aux enfers ; acte II, la révolte), pèse un peu sur l’ensemble, le film est porté par un message fort : affronter le monde, plutôt que se laisser détruire sans résistance.

3. Violence des échanges en milieu tempéré - Jean-Marc Moutout, 2004

Fraîchement diplômé, un jeune consultant reçoit pour première mission de conduire l'audit d'une entreprise métallurgique. Et se voit confronté à un dilemme moral dès lors que l'objectif d'évaluation en dissimule un autre: une restructuration pure et simple de l'unité, plan social à la clé.

Pour son premier long métrage, Jean-Marc Moutout scrute le monde de l'entreprise, démantelé, et l'humain avec lui, suivant la seule logique de la concurrence et du profit. Un film glacial, et glaçant...

4. Le couperet - Costa-Gavras, 2004

Licencié, comme de nombreux autres, pour cause de délocalisation, un cadre supérieur d'une entreprise de papier est décidé à retrouver un emploi coûte que coûte. Ayant avisé un poste sur mesure (mais pas vacant pour autant), il décide d'éliminer tous ses concurrents potentiels.

Adapté de Donald Westlake, un thriller noir de noir (et un brin outré) de Costa-Gavras, en prise sur la dictature du travail, les névroses du temps et le grand désarroi contemporain...

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5. Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés - Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil, 2005

Dans les hôpitaux publics parisiens, une psychologue et deux médecins sont à l'écoute d'hommes et de femmes, malades de leur travail. Au départ des témoignages d'une ouvrière à la chaîne, d'un directeur d'agence, d'une aide-soignante et d'une gérante de magasin, ce documentaire puissant et nécessaire ausculte les ravages ordinaires du néolibéralisme. Et réussit à prendre la mesure d'une détresse profonde, liée à un mal aussi sournois qu'implacable : la souffrance au travail.

6. El Método - Marcelo Pineyro, 2006

Sept candidats à un poste de cadre dans une multinationale sont réunis pour une batterie de tests psychologiques. Bien vite, la méfiance s'installe, pour être relayée par la parano alors que les postulants se demandent s'ils sont observés, à moins que l'on ait infiltré une "taupe" parmi eux...

D'inspiration théâtrale, ce huis clos du cinéaste espagnol Marcelo Pineyro déploie une mécanique aussi efficace qu'affolante, en un jeu de massacre féroce débouchant sur une critique acide du libéralisme...

7. Le Direktor - Lars von Trier, 2006

Réalisateur de génie, Lars von Trier brosse le portrait d'un PDG indélicat qui, avant de revendre son entreprise et de licencier ses salariés, s'amuse à les ridiculiser une dernière fois en recrutant un comédien chargé d'assumer à sa place ces décisions impopulaires.

Sous des airs de petite comédie sans conséquence, décalée et absurde à souhait, Lars von Trier, en bon démiurge cynique, signe ici l’une des charges politiques les plus féroces jamais envoyées à l'endroit du monde du travail. Violemment lucide.

8. La question humaine - De Nicolas Klotz, 2007

Adaptant librement le roman homonyme de François Emmanuel, Nicolas Klotz signe un film "monstre". Un cadre y enquête sur le directeur général d'une multinationale, pour ranimer aussi les spectres du passé de l'Europe. L'auteur instruit, en effet, un modèle audacieux où il convoque la Shoah pour ausculter le monde de l'entreprise, et comparer les méthodes de la machine fasciste à celles de la broyeuse capitaliste. Un grand film politique, et une œuvre d'une stupéfiante densité.

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9. Rien de personnel - Mathias Gokalp, 2009

Dans l'espace confiné d'une société pharmaceutique, une réception anodine se transforme en jeu de massacre. En relatant ce court moment de rencontres, de discussions et de tensions autour d'un verre, cette œuvre révèle toutes les hypocrisies du monde de l'entreprise.

Malgré son caractère social et un écho à la crise actuelle, avec la séquestration d'un patron et des rumeurs de rachat, le film exprime d'abord une envie de cinéma. Le style est posé ; l'approche subtile et le suspense que suscite l'éventualité de licenciements instaure un climat de suspicion remarquable, propre aux grands thrillers économiques.

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10. Up in the air - Jason Reitman, 2009

Ryan Bingham (George Clooney) est un cadre chargé de virer aux 4 coins de l'Amérique les employés jugés inutiles par leurs patrons trop lâches pour faire eux-mêmes le boulot d'annonce. VRP serein de la désolation économique, Ryan Bingham est un un être sans état d'âme, ni réellement cynique, ni faussement naïf.

Il vit dans les aéroports, baise dans les Hilton et collectionne les miles comme d'autres les timbres-poste. Eloge finement acerbe de l'individualisme, la charge prend cependant du plomb dans l'aile quand, au gré de deux rencontres féminines, le propos croise la comédie romantique où le fossoyeur paraît découvrir les bonnes vieilles vertus familiales qu'un twist amoral solde en atterrissage forcé

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