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Centre virtuel de ressources

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Observatoire des Risques Psycho Sociaux au sein de la Fonction Publique Territoriale Centre virtuel de ressources

Donner du sens à la souffrance au travail ?

La souffrance au travail est devenue une des thématiques les plus courantes dans les débats sur l’évolution des conditions de travail. Après le paroxisme des années 2007-2010 pendant lesquelles  il y a eu une grande abondance d’articles et d’ouvrages sur le sujet, alertant acteurs économiques et politiques sur les conséquences du risque psycho social, est venu le temps du suivi avec la mise en place d’indicateurs (exemple de l’indicateur B.E.S.T. http://bva.fr)  ou de recommendations techniques avec de nombreux travaux (Rapport sur la détermination, la mesure et le suivi des risques psychosociaux au travail de P.Nasse et P.Légeron / Rapport du Collège d’expertise sur le suivi des risques psychosociaux au travail dirigé par M.Gollac et M. Bodier).

 

Le contexte difficile que connaîssent les entreprises sur le plan économique en 2012 remet en lumière cette problématique de la souffrance qui est constitutive de l’humanité. Mais, au-delà du constat, il y a  un enjeu qui mérite un temps de réflexion.

 

Le psychiatre autrichien Victor E.Frankl (1905-1997), fondateur de la logothérapie, s’est penché longuement sur la vertu thérapeutique de la recherche du sens (« l’optimisme tragique ») que la personne était capable de donner à son existence, notamment dans les situations les plus dramatiques. Puisant dans son expérience personnelle – Frankl a été déporté en camps de concentration entre 1944 et 1945 –  il a développé une approche originale de la souffrance en proposant d’aider ses patients à donner du  sens à ce qu’ils vivaient concrètement (Lire le témoignage de Viktor Frankl dans Découvrir un sens à sa vie , éd. de l’Homme 2006).

 

Si nous rapprochons sa pensée du contexte du travail qui peut être souvent celui d’une exigence de performance selon une logique darwinienne (la lutte pour la survie domine les relations sociales), nous constatons et savons combien travail, bonheur et souffrance sont inextricablement liés. Il y a une forme de congruence naturelle entre le travail qui permet à la personne de donner une réalité à son empreinte sociale et le bonheur qui en découle lorsque le succès et la reconnaissance sont présents.

 

Mais la souffrance est spontanément associée à l’échec. Or, c’est dans la souffrance, nous explique Frankl, que peut se manifester toute la grandeur de la dignité humaine. En choisissant de donner du sens à ce qui apparemment n’en a pas, la personne démontre sa capacité radicale à ne pas se laisser broyer par le mal et à demeurer libre de prendre des décisions qui correspondent à son devoir « être », à chercher plus en avant les possibilités de son existence unique.

 

Il y aurait certainement un gain pour les organisations humaines à encourager ce travail de décentrement de ce qui constitue l’objet de la souffrance pour ouvrir sur le choix qu’il implique en terme d’attitude (renoncement, deuil, conversion, pardon, réconciliation,…). Rappelons nous bien qu’aider à faire grandir un collaborateur, un associé, c’est réciproquement élever l’organisation dans laquelle il s’insère.

 

Alors comment faire ?

 

Parmi les pistes que l’on explorera, on pourra commencer par  honorer le vécu de la personne, c’est-à-dire compatir à ce qu’elle ressent en témoignant de la présence et de l’écoute. C’est le temps de l’accueil. Ensuite viendra le temps de la déconstruction : il s’agit de défaire les certitudes, les convictions, de renverser les croyances limitantes, de faire du tabula rasa de tout ce à quoi s’accroche encore la personne en souffrance. Dans une troisième séquence et seulement si les deux premières étapes ont été bien respectées, on pourra commencer à rebâtir un nouveau projet.

 

Pour conduire un tel processus, il faut du temps et des moyens. Si le temps manque aux acteurs en RH ou bien aux managers, concernés ils ne sont pas sans moyens : à l’extérieur de leur organisation, ils peuvent facilement trouver aujourd’hui des consultants formés et expérimentés pour leur venir en aide. Et c’est une bonne nouvelle.

 

Source: http://rhinc.wordpress.com/2012/02/10/donner-du-sens-a-la-souffrance-au-travail/

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