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Centre virtuel de ressources

Centre virtuel de ressources

Observatoire des Risques Psycho Sociaux au sein de la Fonction Publique Territoriale Centre virtuel de ressources

Syndicalisme et souffrance au travail,

Yves CLOT, psychologue et auteur du livre: "la souffrance au travail peut elle devenir supportable", a dans son ensemble une bonne vision quant à la mise en place vitale d'un collectif dans le travail pour contrer cette société de consumérisme qui est basé sur l'individualisme.


Mais lors du dernier débat auquel j'ai assisté il dit que la rancoeur entre collègues est "un poison dans la vie quotidienne du salarié" et que le seul remède sont les organisations syndicales présentes au sein des établissements publics ou des entreprises.


Or le syndicaliste ne peut pas être considéré comme un médicament administré à petites doses ou selon le niveau de la souffrance à plus grosses doses. et il ne faut surtout pas traiter les relations entre collègues comme une maladie, le syndicat n'est pas un remède.


Le syndicaliste est là en tant que médiateur, il doit rétablir le dialogue entre collègues de travail en trouvant des solutions adaptées à la situation, en y impliquant l'employeur qui ne doit pas perdre de vue qu'il est garant de la santé de ses employés au sein de son entreprise.


La sémantique employée n'est pas judicieuse.

 

Donc c'est à l'employeur de faire respecter les droits de chaque salarié. Devant le silence de celui-ci, le collègue harcelleur se croit au dessus de tout le monde et le fait savoir, il a tout pouvoir de nuire or c'est une abbération entretenue par l'employeur qui ne joue pas son rôle car il a ce devoir de protection.

 

Prenons l'exemple des fonctionnaires territoriaux, d'après l'article 11 de la loi PORS :

"Les fonctionnaires bénéficient, à l'occasion de leurs fonctions et conformément aux règles fixées par le code pénal et les lois spéciales, d'une protection organisée par la collectivité publique qui les emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire au fonctionnaire.

 

Lorsqu'un fonctionnaire a été poursuivi par un tiers pour faute de service et que le conflit d'attribution n'a pas été élevé, la collectivité publique doit, dans la mesure où une faute personnelle détachable de l'exercice de ses fonctions n'est pas imputable à ce fonctionnaire, le couvrir des condamnations civiles prononcées contre lui.

 

La collectivité publique est tenue de protéger les fonctionnaires contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont ils pourraient être victimes à l'occasion de leurs fonctions, et de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. 

La collectivité publique est tenue d'accorder sa protection au fonctionnaire ou à l'ancien fonctionnaire dans le cas où il fait l'objet de poursuites pénales à l'occasion de faits qui n'ont pas le caractère d'une faute personnelle.

 

La collectivité publique est subrogée aux droits de la victime pour obtenir des auteurs des menaces ou attaques la restitution des sommes versées au fonctionnaire intéressé. Elle dispose, en outre, aux mêmes fins, d'une action directe qu'elle peut exercer au besoin par voie de constitution de partie civile devant la juridiction pénale. Les dispositions du présent article sont applicables aux agents publics non titulaires. "

 

L'employeur  ne joue pas son rôle de protecteur et en plus dévalorise le travailleur au profit du capital alors que le travail est à la source de toute création de toutes valeurs.

 

Ambroise Croizat, ministre des travailleurs comme l'aimait à le dire les français, déclare le 10 octobre 1946: "que chaque entreprise aura un médecin associé à un service médical qui sera chargé de veiller à la santé et l'hygiène du salarié."Par manque de moyens et de medecins du travail, il renvoie les salariés aux organisation syndicales qui au fil de temps a mis en places de commissions travail- santé pour faire les propositions les plus adaptées à la situation.

 

Au jour d'aujourd'hui, tout le programme du CNR est remis en cause en profondeur par le gouvernement actuel qui a perdu son côté social. Une vraie casse de notre protection sociale au détriment de ces travailleurs qui se retrouvent encore plus abandonnées. 

 

La branche accidents du travail- maladies professionnelles chiffre ces coûts à 12 Milliards d'euros avec 54 millions d'arrêts de travail liès à la maladie professionnelle et viennent s'ajouter les risques psychos sociaux, dont les dépenses sont évaluées à 3 milliards d'euros (selon une étude de l'INRS, institut national de recherche et de sécurité).

 

Une politique de santé devra être engagé dans la prévention, la promotion du travail et de la Santé (proposition de la CGT). Car le bien-être au travail, la santé de toutes et de tous n'est pas un coût mais un investissement pour une société meilleure.

Fatiha Mameche

 http://blogs.mediapart.fr/blog/fatiha-mameche/021014/quel-role-doit-tenir-un-delegue-syndicaliste-devant-la-souffrance-au-travail

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