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Centre virtuel de ressources

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Observatoire des Risques Psycho Sociaux au sein de la Fonction Publique Territoriale Centre virtuel de ressources

Ville de Dijon, un syndicat investit la question des RPS

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La section de la ville de Dijon, appuyée par le Syndicat Interco 21 et la fédération, s’est engagée depuis plusieurs années, avec succès, dans un vaste chantier relatif à la santé au travail et la prévention des risques psychosociaux.

Des précurseurs. Avant même les accords de 2009 et 2013, de première importance en matière de santé au travail et de prévention des risques psychosociaux dans les fonctions publiques, la section CFDT de la ville de Dijon avait pressenti l’importance de ce sujet et se mit au travail. C’était en 2006. Huit ans plus tard, la majeure partie du chemin a été parcourue : la municipalité s’est dotée d’une ambitieuse politique de prévention des RPS, sans lésiner sur les moyens. Avec ténacité, les militants de la section de Dijon, appuyés par le Syndicat Interco 21 et la fédération, ont avancé étape par étape, négociant pied à pied différents accords structurants*. Le dernier en date ? Un accord de méthode intitulé « Agir pour un mieux-être au travail », signé en juillet 2012, qui a nécessité plus d’une année de travail dans le dessein de construire une méthodologie d’intervention et des outils dédiés à la prévention des RPS.

La définition collective de procédures

« Cet accord posait les bases d’une coconstruction des mécanismes de prévention entre l’employeur municipal et les organisations syndicales », explique Serge Pénillard, l’une des chevilles ouvrières de ce gigantesque chantier. « Nous avons réussi collectivement à définir des procédures dans trois domaines : anticiper en matière d’organisation du travail, lors d’un projet de service ou d’une réorganisation, par exemple ; instaurer une veille sur la question des RPS dans l’ensemble des services municipaux ; pouvoir apporter une réponse lors d’une situation de crise », ajoute Patrick Léger, le secrétaire de la section. Ainsi, chaque agent de la Ville, du CCAS (centre communal d’action sociale) ou du Grand Dijon dispose entre autres d’une « fiche alerte » permettant de signaler une situation de stress, de violence, de harcèlement ou de mal-être. La confidentialité est garantie et la demande est traitée par une équipe spécifiquement constituée autour de la prise en charge des RPS. Serge reconnaît que « la mairie a mis les moyens ». Outre les habituels « préventeurs», « deux agents chargés de faire vivre l’accord ont été désignés, et une autre personne recrutée pour les accompagnements individuels. Les deux assistantes sociales, l’ergonome et les médecins du travail ont été formés à ces problématiques. Ce collectif est associé au comité de pilotage des outils de prévention », souligne l’infatigable militant.

L’élaboration de la fiche alerte et le processus de traitement des demandes ont été finalisés en janvier 2014. Depuis, une trentaine de fiches ont été recueillies. Sylvie Despois, élue au comité d’hygiène et de sécurité – dont les qualités d’écoute en ont fait la référente RPS au sein de la section CFDT –, a inauguré le dispositif avec un gardien du musée de Dijon, qu’elle a accompagné. Depuis, cet agent, muté, a quitté le service dans lequel il se trouvait en grande difficulté personnelle. Au-delà du cas individuel, Sylvie souligne la remise en question du fonctionnement même de l’institution qui est en train de s’opérer : « Auparavant, la surveillance du musée était confiée à des agents reclassés d’autres services, du fait de maladie professionnelle ou d’incapacité sur un autre poste. Les reclassements n’étaient pas pensés mais imposés. Désormais, on va accompagner les personnes concernées en proposant par exemple un bilan de compétences et, surtout, un suivi personnalisé. »

Une concertation d’une ampleur inédite


À propos de l’accord sur les risques psychosociaux

• L’accord de juillet 2012, « Agir pour un mieux-être au travail », concerne les 3 800 agents de la ville de la Dijon, du CCAS et du Grand Dijon. Il prend en compte l’ensemble des paramètres liés à la survenance de risques psychosociaux, dont l’organisation du travail. Cette reconnaissance est importante pour la CFDT, qui ne souhaite pas limiter les RPS à des problématiques individuelles.

• Cet accord et les procédures sont téléchargeables sur www.cfdt-Interco21.fr(rubrique « Les sections », « Collectivités locales », « Ville de Dijon et Grand Dijon »).

C’est un accompagnement adapté qui a permis de dénouer ce qui était en train de devenir une quasi-insurrection au Conservatoire à rayonnement régional de Dijon, entre le nouveau directeur et la centaine d’enseignants (sans oublier la trentaine d’administratifs), vent debout face à des « méthodes autocratiques et tyranniques », comme l’indique Thierry Rosbach, professeur de piano, de musique de chambre et concertiste. « En trois mois, après l’arrivée de ce nouveau directeur, nous avons eu une quarantaine de demandes de rendez-vous à la médecine du travail », ajoute Anne Mercier, sa collègue violoniste.

Immédiatement, leur appel à l’aide est suivi d’un rendez-vous avec la direction générale des services (DGS). S’engage alors une concertation d’une ampleur inédite (21 réunions) entre la DRH et les enseignants volontaires, permettant d’identifier les difficultés. Et dans laquelle la contribution de la section CFDT (à l’origine de la saisine du CHS et de la réalisation d’un rapport très documenté) a été considérable. Le rapport du CHS a nourri la concertation par des éléments d’analyse concrète, et une partie de ses préconisations ont été suivies, à l’instar des thématiques à approfondir lors des réunions. Ce travail a ainsi permis de dépasser l’aspect purement émotionnel. « L’accompagnement par les militants CFDT nous a vraiment aidés à clarifier et à formaliser nos attentes », explique Anne, qui, depuis, a adhéré. Cette action (qui n’est pas encore achevée) « a contribué à renouer le dialogue, à lever les préjugés et à mieux comprendre pourquoi notre conservatoire avait mauvaise réputation auprès de la Ville, et ainsi quelle commande avait pu être faite au nouveau directeur », précise Thierry. Le directeur en question s’est d’ailleurs vu proposer un coaching aux méthodes de management, comme toute l’équipe de direction… Dans la mise en œuvre de cette culture de prévention des RPS, une des prochaines étapes consiste à « intégrer la prévention dans les pratiques managériales », indique Serge Pénillard. À ce titre, il est prévu que les 350 managers de la Ville (y compris l’encadrement intermédiaire) soient formés aux RPS « d’ici à la mi-2015 ». C’est à cela que l’on mesure l’action des militants CFDT, même si ce chantier est loin d’être terminé !

Source: http://www.cfdt.fr/portail/prevention-des-rps-une-equipe-cfdt-exemplaire-a-dijon-prod_199253

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