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Centre virtuel de ressources

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Observatoire des Risques Psycho Sociaux au sein de la Fonction Publique Territoriale Centre virtuel de ressources

Réussite sociale, stress et risques pour la santé

Réponses aux questions posées par « Atlantico », autour de la problématique de l'article "Can upward mobility cost you your health?" publié dans le New York Times le 4 janvier 2014

Atlantico: Dans un récent article publié dans le New York Times, trois chercheurs américains ont exposé leurs recherches menées sur des jeunes issus de classes sociales défavorisées, ayant un profil psychologique qualifié de «résilient» : particulièrement volontaires, ils savent dépasser l’adversité sociale pour s’extraire de cette dernière. «Nous pensions que, si des enfants issus de classes défavorisées réussissaient sur le plan scolaire et émotionnel, elles échapperaient également aux problèmes de santé propres à cette classe sociale. Nous avons constaté l’inverse, […] leur santé physique se détériorait même davantage.» Comment l’expliquer ?

A mon avis, la problématique tourne autour du sujet du stress et de ses conséquences sur la santé.

L'origine sociale précaire de ces jeunes américains indique qu'ils doivent affronter un nombre élevé d'adversités dans la vie en général, ainsi qu'ils vivent dans un contexte sanitaire et nutritionnel probablement inadéquat.

La réussite scolaire impose des efforts constants pendant de longues années, mais de niveau probablement plus important en absence d'un soutien familial adéquat et de ressources matérielles mobilisables que celui d'un un enfant issu d'un milieu social favorable.

Le déséquilibre entre les efforts requis et les ressources dont une personne dispose est la définition même du stress. Les conséquences sur la santé physique et psychologique du stress chronique d'intensité élevée sont bien connues.
Pour mémoire, les notions de stress positif et stress négatif sont dépassées.

Atlantico: A l’âge de 20 ans et arrivées à l’université, ces personnes avaient un niveau d’obésité, pression artérielle et de stress supérieur à celui des personnes de la même classe sociale qui ne continuaient par leurs études. Le stress associé à l’exigence de réussite est-il décuplé lorsque l’on démarre de très bas sur le plan social ? L’ascension sociale peut-elle être mauvaise pour la santé, en définitive ?
La recherche absolue de réussite, à l’université comme dans le travail, est-elle dommageable pour la santé ? Cette réussite en vaut-elle la peine si elle se paye sur le plan physique ?

Le corps ou l'esprit ne connaissent pas des notions telles qu'ascension sociale ou réussite scolaire. Ils n'expérimentent que les états émotionnels et le cortège de manifestations fonctionnelles de l'organisme, avec conséquences  chroniques sur l'état de santé. Quelle que soient les conséquences sociales, réussite ou échec, un déséquilibre, tel que le stress, ne peut être que délétère pour la santé à long terme.

La compréhension au sens plus large de cette information permet de s'affranchir des notions sociales de réussite ou échec pour chercher l'investissement dans des actions constructives,  équilibrées et raisonnables dans les contraintes physiques, émotionnelles et mentales qu'elles imposent au sujet, génératrices d'émotions positives, valorisantes pour le psychique individuel, conformes aux valeurs universelles, telles que l'éthique et l'utilité à l'ensemble de la société.

Ce genre de projets individuels ne peuvent être que promoteurs de santé psychologique et de bien être, ce qui se manifestera au final par un meilleur état de santé physique.

Atlantico: Cela signifie-t-il qu’une grande rigueur au niveau moral et intellectuel ne s’accompagne pas nécessairement d’une même exigence sur le plan physique ? Pourquoi ?

Il s'agit probablement d'une importance excessive accordée à l'activité intellectuelle, au détriment de l'activité physique, des activités créatives ou artistiques, ainsi que du respect d'un rythme de vie équilibré, avec des temps de repos suffisant et une alimentation équilibrée en quantités limités aux besoins de l'organisme.

Atlantico: Faudrait-il davantage sensibiliser l'opinion publique à ces risques ? Voit-on beaucoup de "jeunes ambitieux" compromettre leur santé à cause d'une trop forte débauche de travail ?

Oui, certainement, il s'agit d'un sujet de santé publique de première importance.

Notre société est construite autour de certaines idées forces typiquement masculines: désir de succès rapide, évolution personnelle, réussite extérieure, forte expertise dans un domaine particulier, rythme de vie intense,  consommation et dépense, affichage de la puissance personnelle; d'ailleurs entre les principes d'une bonne vie saine, celui qui a pris le mieux au public est le sport.

La santé et bien être psychologique ne peuvent se préserver qu'en respectant le rythme de la vie que l'on observe dans la nature, avec des phases de croissance mais aussi de décroissance, d'activité mais aussi de repos, par la prise en compte par exepmle des besoins individuelles du modèle de Maslow telles que le sommeil, la nutrition, le sentiment de sécurité, d'intégration sociale, d'estime de soi et d'accomplissement personnel.

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